"Conversation avec" Bénédicte Chaljub, Amélie Flamand, Olivier Guyon et Rémi Laporte

Bénédicte Chaljub

Bénédicte Chaljub est architecte DPLG, Maitresse de conférence dans le champs Histoire et Cultures Architecturales au sein de l'ENSA Clermont-Ferrand, Docteure en Architecture, chercheure et historienne de l'architecture du XXe siècle. Elle a consacré sa thèse à l'oeuvre de l'architecte Renée Gailhoustet et poursuit depuis un travail de transmission de la culture architecturale de l'après-guerre par le biais d'articles, d'ouvrages, d'expositions. Pour en savoir plus, cliquez ici !

Amélie Flamand

Amélie Flamand est sociologue et urbaniste, Docteure en sociologie et urbanisme, et Maitresse de conférences en Sciences Humaines et Sociales au sein de l'ENSA Clermont-Ferrand. Rattachée au CRH depuis 2002, elle est chercheur au sein du laboratoire Ressources de l'ENSA Clermont-Ferrand. Ses travaux portent sur les enjeux spatiaux, sociaux et politiques qui s’ancrent dans la sphère de l’habiter, et ce en partant des habitants, citadins ou citoyens. Pour en savoir plus, cliquez ici !

Olivier Guyon

Olivier Guyon est architecte, enseignant dans le champs Villes et Territoires au sein de l'ENSA Clermont-Ferrand.

Rémi Laporte

Rémi Laporte est architecte praticien, titulaire du DEA « Le projet architectural et urbain : théories et dispositifs ». Enseignant à l'ENSA Clermont-Ferrand, il co-dirige le domaine d’étude de master « Eco-conception des Territoires et des Espaces Habités ». Chercheur au sein du GRF « Ressources » de cette école, ses travaux portent sur l’évolution actuelle des pratiques de conception architecturale et la matérialité de l’édifice.

Dans quel contexte nait l’atelier d’analyse de l’habitat que vous co-portez tous les quatre ?

Cet atelier répond à un besoin de renforcer l’enseignement de savoirs et de méthodes plus spécifiques aux questions soulevées par le logement à l’ENSACF, car celles-ci étaient soit peu identifiées, soit limitées en format. Cela n’empêche pas que dans le domaine d’études dans lequel nous enseignons, Amélie, Bénédicte et moi-même (Rémi), qui s’appelle « Éco-construction des territoires et espaces habités », nous dirigeons des mémoires dans le cadre d’un séminaire qui traitent très souvent d’opérations de logements contemporains. C’est également le cas dans les ateliers de projet de ce même domaine d’études, où il arrive que l’on travaille sur des questions de logement, mais dans lequel il n’y a pas véritablement d’apport spécifique.

A quel moment du cursus est abordé le programme du logement ?

La question du logement est plutôt abordée en Licence, traditionnellement en 3e année. Depuis quelques années cela a un peu évolué, et on est plutôt à cheval entre le semestre 4 et le semestre 5. Le système pédagogique de la Licence à Clermont-Ferrand organise chaque semestre autour d’une thématique. Pendant assez longtemps la thématique du semestre 5 était « Habiter la ville ». Il y a quelques années cela a un peu évolué pour une thématique plus générale qui rendait compte de l’évolution des contenus pédagogiques vers des questions plus urbaines. Désormais, le semestre s’intitule « Milieux, Métropoles, Territoires ». En réalité, c’est devenu tellement général qu’on en vient à questionner l’intitulé de ces semestres et à les remettre en jeu dans les prochaines années. Quoiqu’il en soit, l’idée de ces thématiques est de fournir aux enseignants des prétextes ou des opportunités de transdisciplinarité entre les UE, pour aborder des sujets communs.

Mettez-vous en jeu une interdisciplinarité ?

C’est le cas dans ce semestre 5 entre deux UE, qui sont l’UE 5.1 de Conception architecturale et urbaine (plutôt des enseignements TPCAU-VT) et l’UE 5.2 de Cultures et sociétés, elle-même transdisciplinaire avec des enseignants SHS, HCA et TPCAU. Cet atelier d’analyse de l’habitat se trouve être un point de convergence entre plusieurs cours magistraux – notamment un cours de sociologie, un cours d’histoire sur la question du logement, réalisés par Amélie et Bénédicte – et cours d’architecture sur la question du logement collectif, développé par Rémi. Pour se donner une idée du nombre d’étudiants, une promotion est de cent-vingt étudiants, et les ateliers de projet sont d’une trentaine d’étudiants, et fonctionnent avec les mêmes sujets pédagogiques, temporalités, critères, jurys croisés, donc c’est très coordonné de ce point de vue-là. Ce qui fait qu’on est plutôt dans un enseignement de masse, massifié à l’échelle de cent-vingt étudiants qu’à l’échelle de trente. Ces deux unités d’enseignement, quant à elles, interprètent la thématique générale du semestre autour de certains enjeux. L’UE de conception pose plutôt la question de la transformation de la métropole pour l’habiter, et l’UE de cultures et sociétés envisage l’habitat collectif dans ses différents contextes, qu’ils soient historiques, sociaux ou culturels.

Quels sont les enjeux de cet enseignement ?

Tout d’abord, nous souhaitons que cet enseignement de l’analyse de l’habitat soit contextualisé, sur l’état du logement aujourd’hui et les différentes raisons faisant qu’on en arrive là. Ce sont des choses que l’on essaie d’expliquer aux étudiants. En tout cas les enseignements que l’on dispense sont, dans une certaine mesure, paramétrés en fonction de cela. Essayer d’orienter les étudiants sur une manière de penser la production du logement de demain, en tenant compte du temps long de la production du logement, c’est-à-dire être capable de se construire un regard critique alimenté par une culture architecturale du logement, et travailler sur l’évolution des pratiques de l’habiter qui sont mises en lumière par l’actualité. Là-aussi de manière critique, et sans être dans une approche totalement idéaliste des choses. Cela induit un focus sur plusieurs choses dans ces enseignements : d’une part sur le siècle dont nous héritons, on traite la question du logement dans le cadre du parc privé comme du parc social – il n’y a pas un type de logement qui serait prédominant sur l’autre, et on essaie de faire une sorte de panorama sur ce qui se produit actuellement – le logement collectif plus que l’individuel, même si ce dernier est traité au semestre précédent (semestre 4). On essaie aussi de s’intéresser à un parc de logement relativement peu étudié : le logement banal, ordinaire, que l’on trouve à Clermont-Ferrand. Enfin, il s’agit de s’intéresser à l’habiter au travers de ses pratiques, ses usages et des représentations culturelles qu’il véhicule. Un dernier élément de contextualisation important repose sur le fait que nous travaillons sur la métropole clermontoise, de la même manière que l’enseignement de projet (même si on ne partage pas forcément le même territoire ou site précis). Pourquoi travailler sur Clermont ? C’est également parce que c’est une ville assez représentative de l’échantillonnage de ce qui s’est produit depuis le XIXe siècle sur la question du logement collectif, avec des choses plus ou moins réussies, mais en tout cas qui sont assez pédagogiques si on arrive à les faire saisir aux étudiants.

Par ailleurs, amener les étudiants à observer et analyser l’environnement dans lequel ils vivent au quotidien développe leur capacité à saisir la complexité du réel et à s’en construire une vision critique, moins idéaliste. Nous sommes convaincus de l’intérêt d’une pédagogie de terrain pour faire émerger des analyses et des questionnements par le contact, en dialogue avec des modalités pédagogiques plus conventionnelles qui apportent des savoirs théoriques, des méthodes et des outils de travail.  

Quel lien faites-vous entre enseignements théoriques et atelier d’analyse de l’habitat ?

Cet atelier permet de mobiliser des connaissances qui sont, par ailleurs, apportées dans nos trois enseignements, avec cette idée de transmettre un socle de connaissances pour pouvoir lire le travail de terrain qui est fait en atelier et comprendre à la fois les modes d’habiter et les dispositifs spatiaux dans lesquels ils se déploient en les regardant aujourd’hui, mais aussi sur le temps long, notamment avec les outils de l’historien-architecte et de l’architecte-historien. Moi (Amélie Flamand), je porte un enseignement anciennement dispensé par Valérie Foucher-Dufoix, enseignante-sociologue avant moi, sur une sociologie des espaces habités. Rien de très novateur, mais ce que je peux en dire c’est que j’essaie de porter ces trois notions et des enseignements qui traitent à la fois de la question du logement, et des questions de politiques publiques en matière de logement. L’enjeu est d’avoir une compréhension succincte du contexte de production du logement, dans une perspective socio-économique. C’est aussi de proposer une lecture sur le temps long de l’évolution des pratiques domestiques d’espaces privés, en écho à des travaux notamment portés par Anne Debarre. Je reprends évidemment des travaux essentiels du champs, en les actualisant sur les questions d’évolution des modèles familiaux et des trajectoires résidentielles, en apportant la question du vivant, qui est d’une actualité toute fraiche, en travaillant notamment sur la question des jardins, des jardins familiaux. Des choses relativement classiques, mais dont le challenge repose sur le fait de les transmettre en quinze heures, ce qui n’est pas très long. En termes d’évaluation, je leur demande de produire un petit état de l’art, qui n’est évidemment pas exhaustif, mais plutôt en reprenant l’une des thématiques du cours et de la creuser. L’idée est qu’ils puissent approfondir leur acquisition de connaissances et d’outils de la recherche, notamment avec ce travail d’état de l’art.

Vous parliez du contexte socio-politique, qu’en est-il du contexte historique ?

Ce module se complète d’une histoire du logement, et plus spécialement d’une histoire du logement collectif, ciblé sur le logement social puisqu’il a été effectivement l’objet d’expérimentations en tout genre et de politiques publiques extrêmement intéressantes, en France comme ailleurs. L’idée c’est effectivement de donner à voir ces opérations significatives du XXe siècle, ces expérimentations et dispositions architecturales et urbaines singulières, propres à cette période et à certains pays. C’est aussi donner à comprendre à la fois les conditions de production en rapport avec un contexte, donc en quoi les formes urbaines répondent à certaines idéologies singulières, notamment l’entre-deux-guerres, mais aussi ce qui se passe après la seconde guerre mondiale. Tout cela se fait aussi avec l’outil du dessin. Le cours magistral est donc ponctué de réflexions avec lesquelles je (Bénédicte Chaljub) demande aux étudiants de dessiner des dispositifs urbains et spatiaux, et cela permet de faire de cet outil un outil d’analyse. L’évaluation se fait par le biais d’un travail de recherche, en binôme, sur l’évolution du logement au XXe siècle. C’est un corpus que les étudiants vont choisir, et dont ils choisissent aussi la problématique.

Et l’enseignement de conception architecturale là-dedans ?

C’est le dernier cours que l’on peut rattacher à cet atelier d’analyse de l’habitat, que je (Rémi Laporte) réalise dans le cadre de l’unité d’enseignement de conception, qui touche aux logiques de conception du logement collectif contemporain. Cela revient à questionner une série d’enjeux de conception, que ce soit la cohabitation, les modes de vie dans le logement, le rapport à l’intimité, les relations à l'extérieur, au contexte et à ses différentes échelles, des problématiques de confort d’ambiance, en particulier en relation avec le climat. Ce cours sollicite aussi les étudiants sur la prise de notes graphiques, pour développer leur capacité à schématiser graphiquement (en plan, coupe ou perspectives) une idée d’architecture. Il est également ponctué d’exercices d’analyse en direct, où les étudiants doivent commenter collectivement des exemples liés aux enjeu du jour.

Peut-être ce qui est particulier dans notre cas c’est que l’évaluation de ce cours consiste en une sorte de complément de l’exercice d’analyse de l’habitat. J’ai utilisé plusieurs modes d’évaluation au fil des années, en relation plus ou moins directe avec l’atelier de projet, et finalement j’en suis venu à me dire que, pragmatiquement, le meilleur relai d’acquisition des connaissances issues de ce cours c’était de les faire mobiliser dans le cadre de l’atelier de l’analyse de l’habitat plutôt que dans le cadre de l’enseignement de projet directement, tout en incitant l’étudiant à utiliser les connexions qui se créent entre le travail d’analyse et celui de conception : des connaissances mises en jeu dans l’atelier d’analyse s’appliquent tout autant à une auto-évaluation du projet de logement conçu en parallèle, et réciproquement, des questions auxquelles l’étudiant est confronté lors de la conception du projet lui permettent d’interroger plus consciemment l’opération qu’il analyse.  

Concrètement, quelles sont les modalités de cet atelier d’analyse de l’habitat ?

L’atelier d’analyse de l’habitat s’organise avec des formats de travaux dirigés, qui viennent en complément des cours magistraux, dans lesquels il est question de faire mener un travail d’enquête aux étudiants pour apprendre de ce territoire local, banal d’une certaine manière, et de prendre ce travail d’enquête comme un moyen pédagogique qui nous semble pertinent. On n’invente rien non plus ici, je pense qu’on est très nombreux à mobiliser ces outils-là, mais c’est une occasion pour eux d’être sur le terrain, in-situ, de rencontrer les acteurs, les habitants. Avec une série d’enjeux : pouvoir remobiliser les connaissances théoriques transmises en cours et qu’elles puissent s’incarner à travers des cas concrets ; appréhender et analyser un corpus de logements de la métropole clermontoise, d’autant que nous avons une bonne partie des étudiants qui ne viennent pas du territoire clermontois, et viennent quasiment de toute la France ; dresser le portrait d’un édifice, souvent du logement collectif mais cela a aussi pu être de l’individuel, des maisons – il y a notamment le patrimoine des maison Michelin qui est important à Clermont. L’intérêt est aussi celui de bien comprendre l’histoire de l’édifice, de pouvoir saisir l’adéquation entre une situation construite originalement, un programme, une distribution et des usages contemporains, avec une attention à ces espaces dans leur dimension habitée, donc aux pratiques qui y sont associées. Cela a aussi pour but de saisir les compétences des habitants et de voir comment ils se saisissent et s’approprient un espace plus ou moins choisi, ou plus ou moins contraint.

Quelles connexions faites-vous avec vos travaux de recherche ?

Cette pédagogie de l’atelier a aussi des résonances, plus ou moins directes, avec un ensemble de recherches qu’on mène dans le cadre du laboratoire « Ressources » de l’école de Clermont-Ferrand. Notamment une première recherche qui s’appelle « Effets de serre », réalisée par Amélie et moi (Rémi Laporte) pour le PUCA entre 2016 et 2018. Il s’agissait d’une évaluation socio-architecturale de deux opérations expérimentales de logements à caractéristiques bio-climatiques, l’une récente à Bordeaux réalisée par Alma-Nicolas Michelin, et une autre plus ancienne, des années 1980, réalisée à Saint-Étienne par Christian Devillers. Cela nous a permis de mettre en perspective la partie expérimentale plus récente et de comprendre un certain nombre de logiques de non-capitalisation des histoires et expérimentations d’une décennie sur l’autre. Certains résultats de cette recherche sont directement utilisés dans les cours magistraux, de même que certains outils d’enquête de terrain et d’analyse architecturale.

On voit bien les mouvements entre la pédagogie et la recherche. Il y a à la fois des points de départ en pédagogie qui nous ont amenés à cette recherche, que l’on pourra réinsuffler dans la pédagogie. Il y a une autre recherche que l’on (Amélie Flamand, Bénédicte Chaljub) a démarré avec un autre collègue architecte, sur les maisons Michelin, qui ont été pas mal étudiées mais dans une perspective plutôt historique sur la question de leur architecture, mais peu regardées de manière contemporaine pour voir ce qu’elles deviennent, comment elles sont habitées, cent ans plus tard. Quel est l’intérêt aujourd’hui de ce patrimoine, quelles sont les qualités et les défauts, et comment cela fait encore sens comme habitat aujourd’hui, à l’aune du vivant, du jardin, lorsque l’on est dans des maisons relativement centrales de la métropole clermontoise. C’est une recherche que l’on vient de démarrer, qui est en cours.

Quelle valorisation de cet atelier est produite ?

Il s’agit de constituer un atlas du logement du XXe siècle à Clermont-Ferrand et dans les communes limitrophes. En effet, ce travail d’atelier d’analyse de l’habitat existe depuis de nombreuses années. L’idée qui est née est donc que toute cette matière accumulée par les étudiants devienne quelque chose. C’est la deuxième année que j’ai (Bénédicte Chaljub) des décharges recherche dédiées à cet atlas. L’idée est de choisir un corpus d’opérations remarquables d'architectes locaux qui ont un savoir-faire spécifique, et sur lesquelles existent des archives publiques (municipales, départementales). Il s'agit de se servir de ce travail qu'on affine d'année en année pour construire une connaissance locale sur le logement. In fine, l'idée est aussi de pouvoir diffuser cet atlas cartographié auprès des services publics de l’urbanisme de Clermont et ceux liés à la protection du patrimoine.

Pour conclure ?

En conclusion quelques points réflexifs de ces expériences.
D’abord les points de satisfaction. Comme tous, on le sait, la question du rapport au réel est un moment fort pour les étudiants, marquant pour eux. Cela devient donc essentiel de mobiliser un certain nombre de méthodologie, en particulier l’entretien, que les étudiants remobilisent ensuite, notamment dans le mémoire de Master. Nous sommes vraiment confortés dans ce dispositif pluridisciplinaire très riche. Il se trouve que nous avons aussi, chacune et chacun, chercheurs, des intérêts communs sur la question de l’habitat, du logement, de l’habiter. On mène aussi en parallèle des recherches sur ces sujets, donc on se connait aussi en dehors, dans la pratique de la recherche. Une synergie assez riche que l’on retrouve dans cet enseignement.
Ce sont aussi des difficultés. Le temps qui nous est imparti et l’encadrement dédié pour cet enseignement nous parait vraiment faible. Par exemple pour ces travaux dirigés, nous avons quatorze heures, on est au maximum six enseignants, là on est plutôt quatre enseignants à encadrer ces cent-vingt étudiants, donc on n’a pas encore évoqué la question des moyens dans les écoles d’architecture, c’est peut-être le moment de le faire.
Et se dire que c’est un moment ponctuel dans la formation, il faudrait que ce soit plus central cette question du logement et ces méthodologies. Le résultat est que l’on est toujours un peu frustrés sur la capacité à monter en généralité, à problématiser de la part des étudiants et essayer de dépasser un peu le cas concret qu’ils ont étudié et le recueil de données, d’être un peu plus réflexifs. C’est trop ponctuel dans le cursus.
Enfin, c’est vrai qu’on a peu de visibilité sur la porosité avec l’enseignement de projet. Nos collègues du projet sont favorables à ce qu’on fait, il n'y a pas de problème là-dessus, mais comme nous-mêmes nous n’intervenons pas dans l’enseignement du projet, on a du mal à évaluer comment les étudiants utilisent ces éléments-là. Entre deux portes, nos collègues nous disent que les étudiants en parlent, de l’entretien, du terrain, donc on sait que cela infuse, mais on ne sait pas jusqu’à quel point. L’enjeu du dessin et du relevé au service de l’analyse est important. Concevoir du logement, c’est aussi passer par cette lecture de l’analyse, du redessin, de comprendre des typologies. Il nous semble que le dessin, le relevé et le redessin sont des outils assez centraux. C’est aussi se poser la question du rôle, du statut, de la place des cours magistraux dans ce contexte d’évolution des pratiques pédagogiques. La difficulté des étudiants à se concentrer, sans vouloir faire les vieux enseignants qui trouvent que c’était mieux avant, mais cela nous pose vraiment la question de ce qu’est enseigner à travers le cours magistral et des différentes formes qu'il peut prendre.

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